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Les jardins de Chaumont-sur-Loire 2010
Jardins corps et âme. Retour sur la saison 2010 du festival international des jardins
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Inventivité et créativité était encore au rendez-vous de cette 19e édition du festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire. Pourtant le thème de cette année « jardins corps et âme » et loin d'être facile. Mais il est vrai que les paysagistes et les artistes doivent faire preuve d’inventivité et d’audace car sur 300 projets envoyés seul 20 seront retenus. Les lauréats ont du relever plusieurs défis : - Répondre correctement au thème proposé tout en étant original - Adapter leur projet à la parcelle une forme trapézoïdale - Et surtout choisir des plantes qui donneront tous leurs effet au bout de quelques mois afin de surprendre et d’émerveiller les visiteurs.
Chaque année Chaumont accueille plus de 150 000 visiteurs et cet engouement ne doit rien au hasard. D’abord l’intégralité des parcelles est renouvelée chaque année, ce qui n’était pas le cas lors des premières éditions. En plus, le festival s’améliore d’années en années en proposant de nouveaux aménagement et nouvelles expositions. Chaumont a conquis de nouveaux territoires en aménageant le vallon avec le passage de fers sauvages ou plus récemment par l'aménagement des abords du château. Et maintenant un système de billet unique ou groupé permet d’accéder soit au château soit aux jardins.
Le thème de cette année a été propice aux couleurs et aux parfums. Sentir, la sarriette, la lavande, le thym, pour les plus connus. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de froisser quelques feuilles de perowskia pour sentir se parfum si particulier et Helichrysum qui évoque toujours les dunes et les plages de nos cotes atlantiques.
J’aime bien attendre la fin de la saison pour visiter Chaumont car les jardins ont acquis une belle maturité et les couleurs d'automne se mêlent aux fleurs épanouies. Chaque plante occupe sa place et les jardins gagnent en volume.
Plusieurs jardins ont retenu mon attention, pour l’association des plantes les unes avec les autres mais aussi par l’aménagement original de la parcelle.
Hommage à Lady Day : Jardin qui évoque la musique et l’artiste Billie Holiday, légende de la soul music. Ce jardin fait référence à la vie douloureuse de la chanteuse à la voix prodigieuse, ruinée par l’héroïne et à son engagement corps et âme dans la musique. Strootman Landschapsarchitecten BV Pays-Bas
Rêverie dans la nature : Ce jardin vante les effets bénéfiques et apaisants de la nature. Les plaques de cuivre offre un écrin vert étincelant aux plantes. Tantôt miroir, tantôt cloison opaque l’effet poétique du jardin est bien retranscrit avec l’usage de ce matériau que l'on devrait voir plus souvent au jardin. Francesca Fornasari, architecte Elisabetta Fermani, agronome, Italie
Dix pieds sous terre : Lorsqu’on descend dix pieds sous terre, on espère revoir le ciel le plus rapidement possible. Et c’est bien ce qui se passe avec ce jardin où après avoir franchi une descente solennelle et après avoir baisé la tête surgit non seulement le ciel mais aussi toute une cohorte de plantes basses que l’on découvre sous un nouvel angle. Tony Balmé, menuisier Ingrid Saumur, paysagiste DPLG David Fabien, paysagiste Franck Boulanger, graphiste Fabrice Ramalinghom, danseur et chorégraphe
Cheveux d’anges : Vous connaissez certainement Tillandsia usneoides, cette plante étrange souvent suspendue à l’entrée des jardineries. Cette plante, vit à l'état naturel accrochée aux branches des arbres, elle vit grâce à de l'humidité de l'air et aux éléments nutritifs qui se déplacent sous forme de poussières. Tillandsia usneoides occupe une serre féérique posée sur un miroir d’eau. Christophe Marchalot, Architecte DPLG Félicia Fortuna, auteur, plasticienne
Le creux de la main : Un mur de bambou à travers lequel on peut épier les visiteurs du jardin. Un sol incliné ou semble avoir roulé des boules végétales, alors que les sphères plus lourdes sont restées en haut. C’est un bien étrange jardin qui séduit par son graphisme épuré, et par sa composition inhabituelle. Juliette Berny, géographe et photographe Association Semis Publics – Fanny Cassat et Renaud Le Creff, paysagistes DPLG
Baptiste Sommier
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